7 novembre 1964 : la constitution de la CFDT

La déconfessionnalisation de la CFTC (Confédération française des travailleurs chrétiens), créée en 1919, aboutit en 1964 à la création de la CFDT (confédération française démocratique du travail).  Cette transformation prend sa source au lendemain de la seconde guerre mondiale, quand un groupe, alors surnommé les « minoritaires », estimant que l’Eglise et le patronat se sont disqualifiés par leur attitude pendant la guerre, réclament la déconfessionnalisation et l’adoption du socialisme démocratique, ainsi que la sortie de la Confédération internationale des syndicats chrétiens.

En 1961, les minoritaires s’imposent. Eugène Descamps, représentant de cette mouvance, devient secrétaire général de la Confédération. Il convoque un congrès extraordinaire en 1964, qui aboutit à la modification des statuts et du sigle de l’organisation, qui prend pour nom Confédération française démocratique du travail (CFDT). L’abandon de la référence chrétienne est approuvé à 70% des votants.  Au soir du vote, le 7 novembre 1964, un groupe de quatre cent délégués décident de maintenir la CFTC et quittent l’organisation.

En application de l’arrêté du 30 mars 1966, la CFDT fait partie des cinq confédérations de syndicats de salariés considérées comme représentatives par l’Etat. Elle bénéficie de cette présomption irréfragable de représentativité jusqu’à la mise en place de la loi du 20 août 2008 qui introduit de nouveaux critères de représentativité syndicale. Lors de son congrès de 1970, la CFDT adopte de nouveaux statuts et prône l’autogestion des entreprises. Ce principe devient l’identité même de la CFDT. 
En 1973, les salariés de l’entreprise Lip à Besançon reprennent la gestion de leur entreprise. Ce conflit, animé par la CFDT, devient l’emblème de l’autogestion. En 1974, la CFDT entre dans la Confédération Européenne des Syndicats (CES), créée l’année précédente. Aujourd’hui, la Confédération se définit volontiers comme réformiste, et met en avant la négociation comme mode de résolution des conflits, plus que l’autogestion prônée dans les années 1970. La CFDT comptait 833 108 adhérents en décembre 2009, ce qui en fait la première confédération syndicale en nombre d’adhérents. Sur la période 2005-2006, elle rassemble 20,3% des aux élections professionnelles, et en 2008, elle recueille 21,8% des suffrages aux élections prud’homales. Ce qui fait d’elle la deuxième confédération par son audience électorale, derrière la CGT.