1851 : LES ORIGINES DE LA BOURSE DU TRAVAIL DE PARIS

1851

Le 3 mars 1851, un certain F. Sain, député de la Loire, demande à l’assemblée législative de la IIe République que soit créée à Paris une « Bourse du travailleur », pour encourager la circulation du travail, à l’image de la Bourse financière qui, depuis sa création en 1724, avait tant favorisé celle des capitaux.

Le projet, repris en 1875, fut finalement voté dans son principe en 1884 par le conseil municipal de Paris à majorité blanquiste et radicale-socialiste.

La première Bourse du Travail fut inaugurée en 1887. Son objectif : fournir aux syndicats, autorisés depuis la loi de 1884 sur la liberté d’association, une maison regroupant les différents corps de métier pour y disposer de bureaux et de salles de réunion.

Elle s’installa de 1887 à 1892 dans les locaux du bal de la redoute (35, rue Jean-Jacques Rousseau), qui devinrent ensuite une annexe. Mais, à la veille du centenaire de la Révolution et de l’exposition universelle de 1889, l’édification d’un véritable « temple de la classe ouvrière » devint une question de prestige pour le gouvernement de la IIIe République.

En décembre 1888, après un vote du conseil municipal, on choisit pour l’ériger un terrain de 1755 m2 sis 3, rue du Château d’Eau préalablement occupé par le Grand Café parisien, puis par le Panorama national. Le jour de son inauguration, le 22 mai 1892, la Bourse du Travail fut présentée comme « l’instrument de la pacification sociale devant apporter la paix universelle à tous les travailleurs internationaux ».

L’ère nouvelle annoncée fut cependant de courte durée : un conflit entre le gouvernement et certains syndicats entraîna de violentes manifestations dès le 1er mai 1893. La Bourse du Travail fut fermée le 6 juillet et l’armée occupa le bâtiment et son annexe. Une Bourse provisoire dénommé « contre Bourse » s’installa alors tout à côté, Cité Riverin.

La réouverture de la Bourse du Travail n’eut lieu que le 11 avril 1896, voilà plus de cent ans. Depuis, elle est restée le grand centre du syndicalisme parisien.

A partir de sa réouverture officielle rue du Château d’Eau, s’établit une réelle distinction entre deux organisations, la Bourse du Travail d’une part, et l’Union des syndicats, d’autre part.

 

Mis en ligne le 9 mars 2011  |  Dernière mise a jour 9 avril 2012