1906 : La charte d’Amiens

1906
13 Octobre

La résolution votée lors du congrès confédéral d’Amiens, que l’histoire retiendra sous le nom de Charte d’Amiens, est adoptée le 13 octobre 1906 par la CGT, au terme d’un vote ayant vu 830 des 839 délégués présents au congrès se prononcer en faveur du texte. 

Celui-ci fixe les « rapports devant exister entre les organisations économiques et politiques du prolétariat ». Il traduit les thèses anarcho-syndicalistes, et son adoption marque la victoire du syndicalisme révolutionnaire dans le mouvement ouvrier du début du XX° siècle.

Il donne ses traits spécifiques à une part importante du syndicalisme français : lutte des classes, lutte quotidienne pour des améliorations immédiates mais aussi la lutte pour la disparition du salariat et du patronat, indépendance vis-à-vis des organisations politiques, etc. Selon la Charte, « la CGT groupe en dehors de toute école politique tous les travailleurs conscients de la lutte à mener pour la disparition du salariat et du patronat ». « L’émancipation intégrale […] ne peut se réaliser que par l’expropriation capitaliste ».

Le syndicat est « aujourd’hui groupement de résistance », mais sera « dans l’avenir le groupement de production et de répartition, base de réorganisation sociale ». Les organisations syndicales sont indépendantes. Elles n’ont pas « à se préoccuper des partis et des sectes qui, en dehors et à côté, peuvent poursuivre en toute liberté la transformation sociale ».

Ainsi, le syndicalisme doit exclure les moyens politiques et ne doit pas servir le Parti socialiste, son but est de détruire la société bourgeoise par l’ « action directe » (boycott, grèves multiples et grève générale, sabotages). Les membres de la Confédération peuvent néanmoins participer aux activités d’organisations politiques ou philosophiques à l’extérieur du syndicat, tout en veillant à ne pas y introduire les opinions défendues ailleurs.

Au début du XXI° siècle, et sur les grands thèmes développés dans la charte : l’autonomie, l’émancipation, le syndicat acteur de transformation de la société, la méfiance à l’égard de l’Etat, la CGT, FO, la CFDT, l’UNSA, Solidaires, la CNT  et la FSU se revendiquent toujours de la Charte d’Amiens, mais ils abandonnent souvent son contenu révolutionnaire.
 

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Mis en ligne le 20 avril 2012  |  Dernière mise a jour 24 septembre 2017