1914 l’Union sacrée

1914

La CGT s’oppose à la guerre depuis sa création. Elle participe à de multiples actions antimilitaristes, organise des réunions et des manifestations contre la guerre et a publie de nombreux textes antimilitaristes jusque 1914. La SFIO est également contre la guerre.

Les socialistes s’étaient mobilisés, sans succès, contre la loi des trois ans du 19 juillet 1913 instaurant un service militaire de 3 ans. Jusqu’aux derniers jours de juillet 1914, c’est donc avec défiance que les socialistes, internationalistes et pacifistes, observent la mobilisation du pays et la montée du sentiment nationaliste.


L’assassinat de Jean Jaurès le 31 juillet 1914 change la donne. Il provoque une profonde indignation et une prise de conscience, au sein de la gauche française, des dangers pesant sur le pays. Elle s’engage dans la défense de la patrie que nécessitent les circonstances exceptionnelles de l’été 1914. La SFIO n’appelle pas à la manifestation redoutée par le gouvernement.

Le 1er août elle décide avec la CGT de soutenir la politique du gouvernement. Le 4 août, la CGT se rallie officiellement à l’Union sacrée et lors de son conseil national du 26 novembre au 5 décembre 1914, seule une minorité se prononce contre la guerre. Au palais Bourbon, les socialistes votent à l’unanimité les crédits militaires.


Le 4 août, Raymond Poincaré, président de la République, peut déclarer en s’adressant aux assemblées que « dans la guerre qui s'engage, la France (…) sera héroïquement défendue par tous ses fils, dont rien ne brisera devant l'ennemi l'Union sacrée et qui sont aujourd'hui fraternellement assemblés dans une même indignation contre l'agresseur et dans une même foi patriotique ».

Ce ralliement des socialistes à la guerre facilite l’entrée du pays dans le conflit, le gouvernement pouvant s’abstenir de mener les opérations intérieures prévues à l’encontre des personnes susceptibles de s'opposer aux ordres de mobilisation ou de troubler l'ordre public en cas de conflit.


Le 26 août Viviani constitue un gouvernement d’union nationale, auquel participent notamment Jules Guesde et Marcel Sembat. Seule une minorité des socialistes refuse la guerre et se tient à l’extérieur de l’union sacrée. C’est le cas notamment de Charles Rappoport et de Pierre Monatte

 

 

 

Mis en ligne le 20 avril 2012  |  Dernière mise a jour 24 septembre 2017