1968 : Les accords de Grenelle

1968
27 Mai

Afin de protester contre la répression menée par le régime contre les manifestations étudiantes de mai 1968, les syndicats décrètent la grève générale le 13 mai. Au fil des jours, la grève prend de l’ampleur. On compte bientôt 7 millions de grévistes. La crise sociale est sans précédent.

C’est dans ce contexte que Georges Pompidou, alors Premier ministre du Général de Gaulle, convoque une réunion tripartite (gouvernement, syndicat, patronat) au ministère des Affaires sociales, situé rue de Grenelle à Paris.


Les négociations débutent le 25 mai, sous la présidence de Georges Pompidou. Elles rassemblent les représentants de l'ensemble des organisations syndicales (CGT, CFDT, FO, CFTC, FEN participent aux négociations) et du patronat. Jean-Marcel Jeanneney, ministre des Affaires sociales, Jacques Chirac, secrétaire d'Etat à l'Emploi et Edouard Balladur, conseiller économique à Matignon, représentent le gouvernement. Le 27 mai, les participants s’entendent sur un texte, que l’histoire retiendra sous le nom d’ « accords de Grenelle ».

Le texte prévoit le relèvement du SMIG de 2,22 à 3 francs de l’heure (soit une hausse de 35%), une augmentation des salaires de 7% au premier juin, puis de 3% en octobre, un élargissement du droit syndical dans les entreprises (concrétisé par la loi du 27 décembre 1968 instituant des sections syndicales d’entreprise et des délégués syndicaux dans les entreprises de plus de 50 salariés), la récupération des journées de grève (permettant donc leur rémunération), la réduction du temps de travail hebdomadaire à 43 heures, l’aménagement des allocations familiales et l’augmentation des prestations minimales versées aux retraités.

En outre, le ticket modérateur passe de 30 à 25%. Les avancées obtenues ne satisfont cependant pas les ouvriers. Les accords sont présentés dans la journée du 27 mai par les leaders CGT et CFDT aux salariés en grève, qui les trouvent insuffisants et décident de ne pas reprendre le travail.

La crise devient politique, et trouve son aboutissement lorsque le général de Gaulle, assuré du soutien de l’armée après son retour de Baden-Baden le 30 mai, décide la dissolution de l’assemblée nationale et l’organisation d’élections législatives. La victoire de l’UDR gaulliste lors de ces élections met un terme à la crise politique.


Les avancées obtenues lors des accords de Grenelle entreront en application dans les mois qui suivent. De nombreuses conventions collectives sont révisées, et la négociation s’impose dans les entreprises jusqu’aux chocs pétroliers et ses conséquences économiques pendant la seconde moitié des années 1970, qui bouleversent à nouveau les rapports de forces avant l’arrivée de la gauche au pouvoir en 1981.


 

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Mis en ligne le 21 avril 2012  |  Dernière mise a jour 24 septembre 2017