Bio Jean Jaurès

Jean Jaurès est né dans une famille de la moyenne bourgeoisie castraise en 1859. Son père possède une petite exploitation agricole, qui lui permet d’assurer un niveau de vie correct à sa famille. Elève brillant Jean Jaurès reçoit une bourse et intègre le collège Sainte-Barbe, à Paris, afin de préparer le concours de l’Ecole normale supérieure. En 1878, il obtient le premier prix au concours général. Il entre à l’Ecole normale supérieure de la rue d’Ulm. En 1881, il est agrégé de philosophie, nommé professeur à Albi, puis, deux ans plus tard, maître de conférences à la Faculté des lettres de Toulouse. Il y écrit ses premiers articles, à la Dépêche de Toulouse. Attiré par la vie politique, il est alors proche de Jules Ferry.  Remarqué pour ses écrits politiques et ses talents de journaliste, il est candidat de l’union républicaine aux élections législatives du 4 octobre 1885 et devient député du Tarn. En 1886, il défend un amendement à la loi sur l’enseignement primaire favorable à l’école financée et gérée par les communes. Un an plus tard, alors que l’assemblée discute un projet de loi sur la protection douanière, Jaurès dénonce une politique du « pain cher », qui risque de défavoriser l’ouvrier sans pour autant profiter au paysan. Ces positions l’éloignent de son groupe parlementaire et de Jules Ferry, qu’il considère comme trop favorable au capitalisme. C’est à ce moment qu’il intensifie ses relations avec les milieux syndicaux. Aux élections du 22 septembre 1889, il est candidat indépendant dans la première circonscription de Castres, mais perd son siège de député. Il devient conseiller municipal, puis maire adjoint à l’instruction publique de Toulouse de 1890 à 1893. Sa thèse l’amène à étudier le socialisme allemand, et son expérience de député participe également à son rapprochement avec l’extrême-gauche : en 1893, il défend les mineurs de Carmaux qui obtiennent de leur patron qu’il démissionne de son poste de député après plus de deux mois de grève. Aux élections partielles organisées pour l’occasion, les socialistes font appel à Jaurès, qui est élu une nouvelle fois. Lors des élections générales du 20 août, il conserve son poste et devient l’un des principaux animateurs du groupe de députés socialistes, dont le nombre est passé de 13 à 41. Il milite contre les « lois scélérates », soutient les ouvriers verriers de Carmaux, s’engage auprès des dreyfusards, et se prononce pour la participation de Millerand au gouvernement de « défense républicaine ». Aux élections de 1898, il est battu, et devient directeur politique de la Petite République, puis dirige l’Histoire socialiste de la France contemporaine, dans laquelle il dirige les volumes relatifs à la Révolution française.  De 1899 à 1904, dirigeant du Parti socialiste français avec Edouard Vaillant, il s’emploie à réaliser l’unité socialiste mais son humanisme réformiste l’oppose au marxiste Jules Guesde qui, à la tête du Parti Socialiste de France, se déclare hostile à toute participation ministérielle. En 1902, il est réélu député du Tarn et conserve son poste jusqu’à sa mort en 1914. Il s’engage avec le Parti socialiste français en faveur du bloc des gauches et du gouvernement Combes, qui œuvre pour le vote de la loi sur la séparation des églises et de l’Etat, qui interviendra en décembre 1905. Il est alors vice-président de la chambre en 1902, mais n’est pas réélu à cette fonction en 1904. Il fonde alors le quotidien l’Humanité en 1904, et donne la priorité à l’unité socialiste, qui se réalise en avril 1905 lors de la création de la Section française de l’internationale ouvrière. La SFIO est marxiste, mais Jaurès en est le principal leader. Il s’efforce de concilier la démocratie politique et le socialisme. Dans l’Humanité il dénonce l’exploitation coloniale, combat les mesures répressives de Clémenceau et la politique belliciste de ses successeurs. Anticolonialiste, pacifiste, antimilitariste et internationaliste, Jaurès lutte activement contre la montée des nationalismes et la militarisation croissante des puissances européennes. En juillet 1914 il tente de s’opposer à la guerre par la pression ouvrière internationale. Il est assassiné le 31 juillet 1914 au Café du Croissant, à Paris, par Raoul Villain. Son assassinat marque l’échec du pacifisme socialiste de la IIème internationale. Ses cendres sont transférées au Panthéon dix années plus tard.

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