Histoire de la Bourse du Travail

La revendication d’une Bourse du travail apparaît au conseil municipal dès le milieu des années 1870.

Un débat avait été organisé au Conseil municipal de Paris dès 1882, et la commission constituée pour l’occasion avait conclu en l’utilité d’une Bourse du travail destinée à :

1 – Fournir une salle de dimensions suffisantes aux réunions ayant pour objet de traiter des rapports de l’offre et de la demande de travail.
2 – Donner aux ouvriers de chaque profession les locaux nécessaires à leurs réunions
3 – Etablir des bureaux (…) pour enregistrer et communiquer aux intéressés les offres et demandes et remplacer ainsi les bureaux de placement
4 – Publier hebdomadairement les principaux prix du travail (…) tels qu’ils ressortent des rapports de l’offre et de la demande
5 – Renseigner tous les intéressés sur l’état des rapports entre l’offre et la demande dans les principales villes de France et de l’étranger.

Le principe de la création d’une Bourse du travail emporte l’adhésion du patronat et des syndicats parisiens.
Le patronat fait savoir « que l’établissement d’une Bourse du travail, vaste hall où se débattraient les questions d’offre et de demande du travail, rendrait les plus grands services ». Les socialistes sont favorables à cette idée, parce qu’une Bourse du travail, administrée par les syndicats eux-mêmes, offrirait des moyens de propagande et de recrutement sans précédent. Les guesdistes soutiennent également le projet, puisque cette Bourse allait permettre la multiplication des réunions ouvrières.

Le vote de la loi Waldeck-Rousseau en 1884, les élections municipales parisiennes de mai 1884 à Paris, qui virent une victoire écrasante des radicaux et plusieurs succès socialistes, donnent une nouvelle impulsion aux délibérations concernant la création d’une Bourse du travail à Paris. Le conseil municipal vote la création d’une Bourse du travail au début de l’année 1887.

Deux mois après cette décision, le 3 février 1887, la Bourse du travail est inaugurée dans l’ancienne salle de la Redoute, rue Jean-Jacques Rousseau. Plus tard, ce local servira d’annexe à la Bourse centrale, dont les travaux commencent en novembre 1888 et s’achèvent en 1892, près de l’actuelle place de la République, à son actuel emplacement.

 


L’histoire complète :

Le 3 février 1887, Gustave Mesureur, porte-parole du Conseil municipal de Paris, inaugure la Bourse du travail de Paris, la première en France. La Bourse est d’abord sise dans la grande salle de la Redoute, 35 rue Jean-Jacques Rousseau. Plus tard, ce local, qui consistait essentiellement en un grand hall, servira d’annexe à la Bourse centrale, dont les travaux commencent en novembre 1888 et s’achèvent au début de l’année 1892. Mesureur expose les buts de cette nouvelle institution devant les représentants de 172 syndicats et de nombreux invités d’honneur : « La Bourse mettra à la disposition de tous, sous une formule simple et pratique, les offres et les demandes de travail ; elle donnera à cette statistique une publicité large, impartiale et régulière, en un mot elle contiendra tous les organes nécessaires à son but ; si, pour le bon fonctionnement de tous ses services, des employés lui sont nécessaires, la ville les lui donnera, sans qu’il puisse jamais résulter de leur présence une direction ou une tutelle administrative. Lorsque le Conseil municipal aura constitué cette institution de toute pièces et assuré son fonctionnement, sa tâche sera terminée ». Il apparaît donc que dans l’esprit de la Municipalité, la fonction première de la Bourse consiste à permettre une meilleure rencontre de l’offre et de la demande de travail, hors de toute interférence politique et ingérence municipale. Il ne s’agit donc aucunement de permettre aux syndicats de s’organiser de meilleure façon, ce à quoi aboutira pourtant l’existence de la Bourse.

Une ambivalence existe donc dès l’ouverture de la Bourse. Ainsi que l’a écrit l’économiste Georges Paulet, « des confusions constantes, et qui ne sont pas toutes involontaires, ont étrangement mêlé, sous ce pavillon de Bourse du travail, deux conceptions, deux visées, deux réalités absolument différentes. Pour les uns la Bourse du travail devrait être le marché du travail offert et demandé, l’office immédiat du placement et le régulateur indirect du salaire, pour les autres, la fédération active de tous les groupements professionnels d’une même région. (…) Dans le second système la Bourse du travail est uniquement le centre des délibérations et d’action de plusieurs groupements ouvriers appartenant à des professions différentes et réunis en vue d’une lutte générale des employés contre les employeurs. Ce n’est plus le marché ouvert du travail, mais la citadelle fermée des travailleurs. (…) La Bourse est, en un mot la fédération locale des syndicats ouvriers en communion de tendances sociales et politiques ». Selon Peter Schöttler, « ce qui est décisif ici, c’est que ces “deux réalités”, malgré leur antagonisme, soient également importantes pour la pratique des Bourses du travail : à la fois politique sociale menée par l’Etat vis-à-vis du marché du travail et, d’autre part, lutte syndicale contre les employeurs et les rapports d’exploitation capitalistes. Ces deux réalités se trouvaient logées ensemble sous un seul et même toit ».

Dans son ouvrage Naissance des bourses du travail, Schöttler tente de caractériser les divers usages de la Bourse : « Formellement parlant, la Bourse du travail était un cartel de syndicats locaux, subventionné et hébergé par une municipalité, en vue de pourvoir au placement, à la formation professionnelle des travailleurs et à la défense des intérêts syndicaux. Sans perdre son caractère syndical, elle acquérait ainsi le statut d’une institution quasi municipale. A une époque où les syndicats français étaient encore très faibles en nombre et en ressources, la fondation d’une Bourse du travail offrait la possibilité de gagner en influence sur le marché du travail local, dans des conditions matérielles relativement sûres, d’y recruter des adhérents et de s’engager efficacement dans la défense des intérêts des travailleurs d’une ville. (…) Grâce notamment à leur équipement matériel particulier, les Bourses qui, outre l’octroi de locaux, permettaient également l’édition d’un journal, l’engagement de “permanents”, la constitution de bibliothèques propres etc., devinrent très rapidement le point de cristallisation local du mouvement ouvrier ».

Implantation syndicale et diffusion du modèle de la Bourse du travail en France

Dès l’ouverture de la Bourse du travail de Paris, de nombreux corps de métiers s’installent à la Bourse du travail, dont le bâtiment, la bonneterie, la boucherie, la boulangerie, la charpenterie, la chaussure, la confiserie, la cordonnerie, la chemiserie, les cuisiniers, les « dames », les dessinateurs, les employés, les fumistes, les lithographes, les maîtres d’hôtel, et les peintres en bâtiment. Tout groupe syndical admis à la Bourse dispose d’un représentant au sein du comité général, qui élit une commission exécutive de 21 membres chargée des affaires courantes. A son tour, cette commission met en place plusieurs sous-commissions (administration, propagande, finances, statistique, rédaction du journal) et un Bureau permanent. Les différentes tendances du mouvement ouvrier parisien de l’époque sont représentées : des modérés, des anarchistes, des blanquistes, des guesdistes et des possibilistes. Dans un premier temps, c’est la Fédération des travailleurs socialistes de France (FTSF), possibiliste, qui est majoritaire (la FTSF est alors appelée “parti possibiliste” car ses dirigeants pensent parvenir au communisme sans révolution, par le simple bulletin de vote). Mais les groupes socialistes anti-possibilistes renforcent rapidement leurs positions et en 1891, la direction possibiliste de la Bourse est renversée. A partir de ce moment, la ligne incarnée par la Bourse s’avère beaucoup plus radicale. Le nouvel exécutif annonce, dans l’annuaire édité par la Bourse, que « la Bourse du travail de Paris est le foyer incandescent d’où jaillira l’éclair révolutionnaire qui fera éclater l’orage grondant sur la tête de la bourgeoisie ».

L’activité de la Bourse va en s’intensifiant, puisque les syndicats membres organisent de nombreux meetings en vue de la grève générale, participent aux manifestations du premier mai, se solidarisent avec les travailleurs allemands en grève. La Bourse du travail de Paris représente rapidement un modèle d’association syndicale municipale. Des articles de presse louent sa création ou regrettent l’influence qu’y acquièrent les syndicats, des congrès syndicaux s’y tiennent et ses délégués organisent de grandes tournées de propagande. Quelques mois après l’ouverture de la Bourse de Paris, une autre Bourse est inaugurée à Nîmes, et un an après, une troisième à Marseille. En 1893, on compte 37 Bourses, 59 en 1898, et 93 en 1902. En février 1892, la Bourse du travail de Paris prend l’initiative de fonder une Fédération nationale des Bourses du travail de France et des Colonies (FBdT). Au niveau national, l’importance des Bourses est très grande : alors que la première « Fédération nationale des syndicats » (FNS) fondée en 1886, n’avait jamais été qu’un squelette organisationnel se contentant de la tenue annuelle d’un congrès, la FBdT s’avère, jusqu’à la fin du siècle, le type d’association syndicale à la fois le plus important en nombre et le plus actif. Face à elle, la Confédération générale du travail (CGT), fondée en 1895, semble, les premières années du moins, à peine viable. Les choses ne changeront qu’autour de 1900, quand les fédérations par métiers ou branches d’industries se renforceront et que la CGT et la FBdT se rapprocheront, les Bourses du travail finissant par s’intégrer à la Confédération en 1902.

Le 22 mai 1892, le bâtiment principal de la Bourse du travail de Paris est inauguré rue du Château d’Eau. Le discours prononcé pour l’occasion par le Président du Conseil municipal témoigne de la place que les syndicats ont réussi à s’y assurer depuis l’ouverture de la Bourse provisoire rue Jean-Jacques Rousseau. S’adressant aux représentants des syndicats, il déclare alors : « Au nom de la Ville de Paris, je vous remets cette Bourse centrale du travail avec la confiance qu’elle sera entre vos mains un instrument de pacification sociale qui, tout en assurant le triomphe de vos justes revendications, contribuera par les relations que vous serez amenés à nouer avec les travailleurs des autres pays à établir un jour la paix universelle ».

La fermeture de la Bourse du travail de Paris et la création d’une Bourse du travail indépendante

En 1893, la majeure partie des syndicats membres de la Bourse n’a toujours pas régularisé sa situation conformément aux dispositions de la loi de 1884. Ainsi, par exemple, les leaders de nombreux syndicats parisiens refusent de s’enregistrer auprès de la puissance publique. En avril, le gouvernement Dupuy décide de mettre un terme à cette situation. Il accorde aux syndicats un délai d’un mois pour régulariser leur situation. Ceux qui n’auraient pas effectués les démarches nécessaires passé ce délai seront exclus de la Bourse. En réaction, les syndicats choisissent l’épreuve de force afin de ne pas céder à ce qu’ils considèrent comme une tentative d’intimidation du gouvernement. Au mois de juin, le gouvernement décide de suspendre les subventions allouées à la Bourse. Les syndicats qui avaient régularisés leur situation soutiennent les syndicats irréguliers en pensant être à l’abri de toute disposition gouvernementale. Mais dans un contexte de grande précarité du syndicalisme français et de faiblesse globale des moyens financiers des syndicats ouvriers, ce blocus financier de la Bourse du travail touche de plein fouet l’ensemble du mouvement syndical parisien. Le 12 juin, une manifestation organisée en résistance à la suppression des subventions rassemble 4 000 personnes. L’abrogation de l’article 4 de la loi de 1884 fait partie des revendications. Le 6 juillet, Dupuy fait occuper et fermer la Bourse du travail. Un commissaire de police, accompagné d’une vingtaine d’agents pénètre dans la Bourse. Les membres présents sont invités à quitter les lieux, tandis que les troupes investissent le bâtiment et en interdisent l’entrée. La Bourse restera fermée pendant 3 ans. En août 1893, les syndicats non conformes sont dissouts et leurs responsables condamnés à des amendes. Avec la fermeture de la Bourse, c’est l’ensemble des groupes syndicaux parisiens qui perdent une bonne partie de leurs moyens : locaux, subventions, bulletin mensuel, etc.

Un petit groupe de militants tente de poursuivre les activités de la Bourse du travail. Ils louent un local et reprennent leurs réunions. Mais cette Bourse accuse une sérieuse perte d’influence : en novembre 1893, seuls 80 des 280 groupes membres de la Bourse avant sa fermeture s’étaient acquittés de leurs cotisations. En mai 1894, seuls 25 cotisations étaient enregistrées. Le nombre de secrétaires permanent passe de 4 à 1, et la fonction est assurée par Abel Baumé. Un rapport de police indique alors que « depuis la fermeture de la Bourse du travail, les syndicats sont démoralisés. Les querelles d’école se font sentir à nouveau. Les éléments divers ont repris chacun leur essor. Le lien de la Bourse du travail étant rompu, les syndicats se sont désunis et suivent des lignes de conduite différentes. Les uns sont décidés à lutter à outrance, les autres à accepter la loi de 1884. Depuis le sein même de la commission exécutive, ces tendances se manifestent ouvertement ». D’intenses débats ont lieu et à l’automne 1894, une majorité se forme en faveur de la création d’une Bourse du travail indépendante à laquelle ne participeraient que des syndicats légaux. Cette Bourse indépendante ne parvient cependant pas à s’enraciner dans le mouvement ouvrier parisien, ni à recouvrer l’influence dont disposait la Bourse officielle : en novembre 1894 elle compte 55 syndicats payant leur cotisation, et en 1895, elle regroupe 66 syndicats, dont 55 se sont acquittés de leur cotisation. A partir de 1894, les inscriptions sont de plus en plus rares. Un nouveau rapport de police affirme que cette Bourse indépendante « n’a créé aucune institution accessoire, tels que bureau de placement, bibliothèque, cours et conférences, et n’a pas d’organe de publicité ». En ce sens, la perte de la subvention municipale a plongé les syndicats dans l’impossibilité de faire vivre une Bourse du travail capable de fonctionner.

La réouverture d’une Bourse sous contrôle

La situation évolue à partir de l’arrivée aux affaires du cabinet radical de Léon Bourgeois, le 1er novembre 1895, dans lequel Gustave Mesureur, un des pères de la Bourse du travail de Paris, occupe le poste de Ministre du commerce. Le premier avril 1896, la Bourse du travail de Paris est rouverte. Cependant, les règles de fonctionnement de la Bourse sont radicalement différentes de celles qui prévalaient depuis 1887. Mesureur refuse de laisser aux syndicats le soin de gérer la Bourse. Poursuivant les mesures adoptées par le président du Conseil Charles Dupuy en avril 1894, il estime alors que l’administration de la Bourse doit être confiée au Préfet et à la municipalité, l’autogestion syndicale devant être limitée à ses structures corporatives internes. Cela consacre la double fonction de la Bourse (établissement public et siège social des syndicats). En tant qu’établissement public, la bourse est placée sous l’autorité unique du préfet de la Seine, mais elle laisse une marge de manœuvre aux syndicats, compétents dans la gestion de leur siège social. La majorité des syndicats parisiens, dépendants des subventions municipales pour maintenir un niveau d’activité minimum, accepte, mais cette décision crée une division interne à la Bourse. Ainsi, le syndicat des cheminots s’y oppose. Une division s’établit également entre la Bourse du travail de Paris et la Fédération des Bourses du travail à la tête de laquelle Fernand Pelloutier se déclare favorable au combat pour l’autogestion. Malgré les tensions, la Bourse du travail de Paris rouvre le 1er avril 1896, et les syndicats membres se constituent en Union des chambres syndicales de la Seine (UCSS). La Bourse reste placée sous la tutelle et le contrôle préfectoral jusqu’à ce que le cabinet Millerand, aux affaires de 1899 à 1902, adopte une position plus conciliante avec les Bourses.

La fusion avec la CGT

Lors de son X° congrès, qui se tient à Alger du 15 au 18 septembre 1902, la Fédération des Bourses du travail vote sa propre transformation en section de la Confédération générale du travail (CGT). Ce faisant, les Bourses se prononcent pour l’unité du mouvement ouvrier au sein d’un « label commun » et d’une organisation générale des travailleurs. Elles acceptent leur rassemblement avec les Fédérations d’industrie et de métiers et les syndicats nationaux isolés. Lors du congrès de Montpellier de la CGT tenu quelques mois plus tard, la CGT parachève son unité. L’article 2 des statuts de la CGT adoptés à Montpellier, « la Confédération Générale du Travail est constituée des « fédérations nationales (à défaut, les Fédérations régionales d’industries et de métiers, les syndicats nationaux). Les bourses du travail sont considérées comme Unions Locales, Unions Départementales, ou régionales de corporations diverses et sans qu’il y ait superfétation ». La Fédération Nationale des Bourses du Travail s’intègre définitivement dans la Confédération. La Bourse du travail de Paris se transforme en Union départementale CGT, et la direction nationale de la CGT y obtient la domiciliation de son siège social. Se noue alors une relation fusionnelle entre la Bourse et la CGT, qui en dispose seule jusqu’aux divisions syndicales qui surviennent pendant la seconde moitié du XX° siècle.

L’ouverture aux syndicats parisiens

Au grès des transformations du monde syndical, des fusions et des créations de confédérations nouvelles, la Bourse du travail de Paris échappe à la tutelle unique de la CGT. Ainsi FO, la CFDT, la CFTC, la CGC, l’UNSA et Solidaires ont chacune leur tour intégrée la Bourse, parfois au prix de conflits avec la CGT désirant garder ses positions majoritaires à la Bourse. Aujourd’hui, chacun de ces sept syndicats dispose de délégués à la commission administrative, véritable organe décisionnaire de la Bourse, dont le nombre varie selon la représentativité de chacun d’eux dans le mouvement syndical parisien. Ils disposent également de locaux leur permettant d’organiser leurs activités syndicales.

Une perte d’influence syndicale et sociale de la Bourse du travail ?

A partir du début du vingtième siècle, les activités des Bourses du travail connaissent une perte de vitesse. Les Unions départementales CGT se révèlent plus dynamiques que les Bourses, quand ces dernières ne sont pas simplement intégrées aux structures départementales de la CGT, comme c’est le cas pour la Bourse de Paris. Leurs activités, d’abord diversifiées, se réduisent peu à peu à l’action syndicale. La montée en puissance de l’Etat social, la prise en charge par les municipalités puis par l’Etat de la subsistance, les assurances chômage, la diffusion de l’instruction et de la formation, la sécurité sociale, puis la création de services publics de placement provoquent un abandon des services d’entraide des Bourses. Cependant, la précarisation du travail, la paupérisation de certaines parties de la population et a dislocation de l’Etat providence tendent à conférer un rôle renouvelé à la Bourse du travail de Paris. Elle a ainsi mis en place des services de conseil et d’accompagnement en droit du travail pour les salariés parisiens.

Par ailleurs, la Bourse reste un lieu hautement symbolique dans le monde syndical parisien. Ainsi, lors de la libération de Paris, au matin du 20 août 1944, les insurgés s’emparent de la Bourse, occupée depuis la dissolution des syndicats par le régime de Vichy par les organisations favorables à la charte du travail pétainiste. L’histoire récente nous rappelle également l’importance de la Bourse dans le mouvement social parisien. L’occupation de la Bourse par des travailleurs sans papiers et la Coordination 75 des collectifs de sans-papiers, du 2 mai 2008 au 24 juin 2009, montre ainsi à quel point la Bourse reste pour tout un chacun une institution centrale dans les luttes que mènent les opprimés de tous horizons sociaux ou géographiques. Cette occupation, qui entraîna certaines dissensions entre les différents syndicats membres de la Bourse, montre également que la Bourse reste plus que jamais un lieu de débats intersyndicaux et de rencontre des organisations de la société civile.