Bio Albert Thomas

Albert Thomas est né le 16 juin 1878 dans une famille modeste de Champigny-sur-Marne. Son père est boulanger. Il entre très tôt en contact avec les cercles parisiens du socialisme réformateur, d’abord au lycée Michelet, puis, à partir de 1898, à l’Ecole normale supérieure où il étudie l’histoire. Etudiant brillant, il est diplômé en littérature et en histoire de l’Université de Paris. En 1902, il termine premier de l’agrégation d’histoire. Il participe à l’Histoire socialiste de la Révolution française et publie des travaux consacrés à Gracchus Babeuf. Pendant ses études, il intègre le petit groupe de l’Union pour la vérité, auquel participent Paul Desjardins, Jean Jaurès, Célestin Bouglé ou encore André Siegfried. C’est à cette occasion qu’il intègre les milieux socialistes parisiens. Après ses études, il développe des activités de journalisme, dans des journaux et revues de gauche. Il est d’abord chargé de la rubrique syndicale de l’Humanité, puis livre régulièrement des articles à la Revue socialiste. Il est l’un des fondateurs de la Revue syndicaliste et de l’Information ouvrière et sociale. Albert Thomas est également un voyageur curieux des réalités sociales, économiques et politiques de son temps. Avant la première guerre mondiale, il effectue plusieurs voyages de formation en Russie, mais aussi en Allemagne et dans l’Empire Ottoman, qui lui permettent de mieux connaître les réalités socio-politiques de ces pays.

Sa carrière politique à proprement parler débute en 1904. Membre de la SFIO, il s’engage dans la vie politique locale et devient conseiller municipal de Champigny, ville dont il devient maire huit ans plus tard. En 1910, il est élu député de la Seine, puis réélu en 1914. Il se rallie à l’Union sacré dès le mois d’août 1914. Rappelé à Paris, il se voit confier la direction des Chemins de fer, puis devient sous-secrétaire d’Etat à l’Artillerie et aux Equipements militaires en 1915. En décembre 1916, il est nommé ministre des Armements et des Fabrications de guerre. Cette expérience ministérielle lui permet de développer ses réseaux personnels dans les milieux patronaux et syndicaux, industriels et étatiques. A la sortie de la guerre, il est élu député du Tarn (1919). Profondément réformiste, il se rallie au principe wilsonien du droit des peuples à disposer d’eux mêmes et rompt avec la majorité de la SFIO. Au mois de novembre 1919, il est choisi comme premier directeur du Bureau International du Travail. Il se consacre alors totalement à cette fonction et contribue à la diffusion et à l’institutionnalisation du socialisme réformateur sur la scène internationale jusqu’à sa disparition brutale en 1932, à l’âge de 54 ans. Son dynamisme, son implication et ses capacités de travail hors norme contribuent au développement rapide des activités du Bureau.

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